mardi, février 15, 2005

Les aventures de mon arrivée au pays (je ne faisais que passer).

Paris. 17 décembre 2002

Je me suis levée le 17 décembre au matin, vers 07h30, comme d’habitude, et j’ai regardé machinalement mon courriel, attendant des nouvelles de Donna-des-Bermudes (la responsable du personnel, qui devait m’écrire quand j’embarquerais sur mon navire). Oui, une lettre. Donna paniquait parce qu’elle disait m’avoir envoyé un courriel le 12 avec des informations de vol pour le 16… Vraisemblablement je n’ai rien reçu… Bref, elle a dit que c’était une chance que le bateau (qui devait arriver en Nouvelle-Écosse) soit retardé et qu’elle m’avait fait de nouvelles réservations pour le 17. Aujourd’hui, quoi. Le vol part de Paris, dans 15 minutes. Je suis en pyjama. Raté.

Le courriel avait été envoyé la veille à minuit, heure de Paris, heure à laquelle je suis couchée. Il est presque 08h, donc 03h du matin pour elle. De plus, elle est en vacances, elle ne sera pas au bureau. Heureusement elle a m’envoyé en copie conforme la lettre demandant à l’agence de voyage de refaire des réservations. J’ai donc le courriel de l’agence de voyage, mais pas son adresse (est-ce en Europe, en Amérique?) ni le téléphone. Je prends une chance, j’écris. Miracle, j’ai une réponse. Elle est aux Philippines. Je donne mon numéro de téléphone, la dame me rejoint et nous convenons d’un vol dans l’après-midi, détails à envoyer par courriel.

Je dois partir de Roissy à 14h, je passe par Londres, de là je dois aller au comptoir d’air Canada pour chercher les billets de la suite du voyage, destination identifiée par les lettres YYZ, que je ne reconnais pas (elle n’a pas jugé bon de me donner le nom de la ville), puis enfin de là, Halifax. Une note : le tronçon YYZ-YHZ est sujet à modification, ce pourrait être YUL-YHZ. Conclusion, vu que arrivés au Canada nous devons faire passer nos bagages à la douane, je suis mieux de ne pas prendre de chance et de ne faire enregistrer mes bagages que jusqu’à Londres, et voir si je passe par Montréal ou par YYZ.

Je rassure Donna par courriel, je fais mes bagages, et à 14h je prends mon avion à Roissy. J’entre dans l’avion en me disant que je ferai mieux de me dépêcher rendu à Londres vu que je n’ai que 2 heures entre mes deux avions et que je n’ai même pas encore mon billet. Et que je ne sais pas où je vais. Pas de chance, l’avion n’a pas la permission de décoller de Roissy avant 50 minutes. Il ne me reste plus qu’une heure pour faire mon transfert. J’avance ma montre à l’heure de Londres pour être certaine de ne pas me tromper.

Arrivée à Londres, terminal 4.

Le comptoir d’air Canada est au terminal 3. Je me rends au caroussel de bagages, j’attends en piaffant pendant 15 précieuses minutes que les bagages sortent. Je les ramasse, je cours à la douane, je panique devant la file, j’explique mon cas à un employé qui me fait passer devant les autres. Dès qu’il eût le dos tourné, un Japonais me demande avec une politesse glacée toute japonaise pourquoi je passe devant tout le monde. Je lui réponds par la bouche de mes canons. 10 minutes de perdues.

Enfin je passe, je cours vers les indications du terminal 3, il s’avère que je dois prendre le métro. Je cours, je cours dans les couloirs, j’arrive à la rame de métro qui est déserte, je viens de le rater, le suivant est dans 10 mintes. Enfin il arrive, et le trajet dure 10 minutes. Je sors du métro, tente de me repérer, je vois que je dois trouver la section D. Je fonce. Je localise enfin le comptoir d’air Canada, qui, heureusement n’est pas encombré, en fait, je suis la dernière cliente. J’ai semé mon Japonais et je n’avais pas envie de m’en mettre un autre à dos.

L’employée me prépare mon billet. Problèmes, est-ce un billet électronique? Je le sais-tu, moé! Enfin il est émis et elle m’assigne une escorte pour pour me faire passer la sécurité plus vite. Je repasse devant tout le monde, mais la madame de la fouille a vu un instrument contondant dans ma malette et prend son temps pour le chercher. Il s’agit de ma lunette d’approche. Elle a trouvé, elle est satisfaite, elle reprend son temps pour tout remettre le contenu de ma malette en place. Mon escorte ne la pressant pas, je juge prudent de me fermer la gueule moi aussi.

Le galop reprend. Nous courons au travers de la foule. La barrière 55 est vraiment très loin. Enfin, nous rencontrons un de ces petits véhicules motorisés qui font bip bip quand ils avancent. Nous embarquons. Je me sens très importante. Ou impotente, au choix.


Je regarde mon billet. YYZ s’avère être Toronto. Je vais donc à Toronto. Ah. Bof, au point où j’en suis, je peux bien aller à Tombouctou, pourvu que je finisse à Halifax au bout du compte.


J’arrive à temps pour mon avion, je sens que je l’ai échappée belle! Toute contente de moi, je me dis que j’ai un bon deux heures à Toronto avant l’avion suivant. Je recule ma montre de 5 heures pour être à l’heure de Toronto. On nous annonce que le vol est retardé d’une heure! C’est une manie! J’ai pédalé pour rien. Enfin, le pire est tout de même passé. L’aréoport de Toronto n’est pas si grand je que doive prendre le métro alors je suis sauve.

Le vol dure un peu moins que prévu, nous avons des vents favorables, donc nous ne prenons pas trop de retard sur l’horaire. Mon voisin d’avion a dormi pendant toute la durée du vol. Pas moi.Je branche mes écouteurs à fort volume pour ne pas entendre ses ronflements. Enfin, nous sommes arrivés à Toronto. Il y a de la neige. Par le hublot je vois les gens s’affairer à ramener notre passerelle pour débarquer de l’avion. En vain. Ils tentent encore pendant 20 minutes d’approcher la connexion avant de décider de bouger l’avion et le faire changer de sortie. L’avion rebrousse chemin et se rend à pied (ou plutôt à roulettes) vers une autre sortie. Au bout d’un autre 20 minutes nous sortons. Nous venons de perdre le temps gagné en vol.

J’attends les bagages, cette fois tout se passe sans encombre. Je repasse mes bagages via la sécurité, un employé est intrigué par un instument contondant dans ma mallette, qui s’avere être, en doutions-nous, ma lunette d’approche… Oui, je sais, je ne devrais pas mais ça fait très "pirate Maboule" de traîner cette lunette dans mes bagages, c’est pourquoi je la traîne toujours avec moi.

Les bagages se rendent vers leur destination finale, et je me dirige moi-même vers ma destination finale (pourvu que ce soit la même!), avec, en prime, du temps à perdre. Le vol vers Halifax se passe sans encombre, j’avance ma montre d’une heure pour me mettre à l’heure des Maritimes. Je ne sais plus où j’en suis. Ou plutôt quand j'en suis. Il est 01h30, heure locale quand j’arrive à l’aréoport, j’attends mes bagages pendant une demi-heure, puis j’attrappe de justesse la chauffeuse de taxi qui était sur le point de déclarer forfait et de partir sans moi.

Une heure de route pour arriver à l’hôtel, à Wolfville, près de Hantsport. Il est 03h locales quand je referme enfin sur moi la porte de ma chambre. À l’heure de la France, il est 08h. Voilà 24 heures que je me suis levée, et je voyage depuis 18 heures. Et le lendemain, le bateau doit arriver à 08h30. Vite au lit…

Le lendemain, je me lève vers 07h et je téléphone à Hantsport pour savoir si le bateau arrive ce jour-là. Joie : il ne peut pas rentrer sur cette marée, trop de vent, et on ne peut entrer sur la marée de la nuit. Donc je suis encore en congé jusqu’au lendemain. Pour fêter ça, je me précipite à la salle à manger me taper des oeufs benedicte sauce hollandaise, avec bacon, café et jus d’orange, le tout aux frais de la Compagnie. Puis je vais me recoucher…

Moi qui croyais le décalage horaire en ma faveur en rentrant au Canada : c’est vrai mais à condition que le vol d’une durée de 6 heures compense pour le décalage de 6 heures. Mon trajet a duré 18 heures, et je n’ai pas dormi de la nuit… Une journée de repos avant d’embarquer me fera le plus grand bien!

Bientôt, des nouvelles, pas si fraîches que ça puisqu'elles ne viendront que près de 3 mois plus tard!

2 commentaires:

coyote des neiges a dit...

Je précise : ceci raconte mon arrivée à bord, un peu pour vous mettre dans le contexte...

Par la suite, je me suis mise (au bout de deux mois) à écrire mes aventures, agrémentées de commentaires sur ce que je recevais de l'actualité.

Au fil des parutions, le canard à vapeur s'est structuré...

Mais je vous le livre au compte goutte, jour après jour...

C'est pourquoi il commence en décembre 2002!

julie70 a dit...

Wow ! 30 visiteurs depuis seulement une journée, fallait le faire ! Je vais lire avec plaisir tes aventures, mais, peut-être, si cela ne te fait rien, off line, puisque lire sur écran fatigue mes yeux (l'autre, bon lunette est en réparation).

Comment met-tu le conteur sur la page ? Ok, c'est hors sujet. Tu m'as donné envie de mettre mon journal en ligne, jour par jour. Et courage de continuer avec le récit fiction en ligne. Demain la suite arrivera, c'est déjà en "brouillon" prête.